Numéro 2026_07

Comment la médecine progresse-t-elle ? Un exemple : prévoir le pronostic d’un Covid pour éviter d’en mourir ?

Généralement l’infection par le Covid est bénigne, mais parfois elle devient très grave, alors que le tableau clinique de départ n’inspirait pas d’inquiétude. Comment repérer le plus tôt possible les « patients à risque », afin de commencer une prise en charge précoce et éviter des décès ?

Des chercheurs ont pensé que peut-être les formes graves commencent par des réactions inflammatoires minimes passant inaperçues. Ils ont essayé de doser, chez des malades infectés récemment, des « biomarqueurs » considérés comme des signaux possibles d’atteinte d’organes vitaux. Or, certains de ces dosages (KIM-1, LCN2 et IL-10) se sont avéré légèrement anormaux au début chez des patients atteints de pneumonie sévère ou de défaillance rénale par la suite.

Ils ont alors mis au point un score clinique baptisé « Corimuno », en additionnant les résultats de chacun de ces dosages, pondérés par des coefficients. Ils ont ensuite testé la valeur prédictive de décès de ce score, en suivant pendant 3 mois 196 patients hospitalisés pour infection Covid dans 15 hôpitaux français.

Le résultat a été probant ! Le score Corimuno, calculé avec les résultats de la prise de sang, est un bon prédicteur. Grâce à cette amélioration médicale, il suffit maintenant de faire une prise de sang et de doser 14 substances pour évaluer la probabilité d’une évolution grave.

C’est aussi le point de départ de nouvelles recherches : on connait maintenant la nature du trouble (une inflammation), sa localisation (rein, poumon) et le virus responsable (virus du Covid). Il devient possible de chercher à comprendre pourquoi il ne touche que certaines personnes et comment stopper l’inflammation.

Source : Open Rome

Un clic vers l’Inserm : https://presse.inserm.fr/covid-19-decouverte-de-marqueurs-renaux-et-inflammatoires-predictifs-de-la-gravite-de-la-maladie/71806/

Biomarqueurs

Un biomarqueur est le résultat d’un dosage (ou d’une mesure) à partir d’un échantillon biologique dans lequel on teste la présence d’une substance caractéristique d’une maladie ou d’une réaction particulière de l’organisme.

Dans certains cas de Covid, au départ, l’inflammation rénale ou pulmonaire est minime et ne provoque aucune perturbation visible. Ensuite, la réaction s’emballe, les reins ou les poumons sont de plus en plus perturbés, aboutissant à une insuffisance rénale grave ou à une détresse respiratoire.

En dosant les biomarqueurs liés à cette inflammation, on la détecte précocement et on la soigne mieux.

L’identification des biomarqueurs dépend beaucoup des innovations dans les méthodes de dosages. Ces techniques progressent énormément depuis une trentaine d’années.

Les biomarqueurs portent souvent des noms bizarres faisant appel à des concepts biochimiques très complexes.

Source : Open Rome

Aimez-vous ce numéro ?

1 personnes aiment ce numéro !