Prévention. La France peut vraiment mieux faire !
Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la politique de santé française a un objectif : donner à tous un accès aux soins, notamment en cas de maladie grave nécessitant un recours aux hôpitaux. Créée pour financer l’accès aux soins, l’Assurance-Maladie a concentré ses budgets sur les soins, en négligeant la prévention.
Seule une minime partie de ses ressources a été consacrée à des programmes de vaccination et à des campagnes de communication sur les comportements préventifs. L’essentiel des budgets a été réservé aux hôpitaux et à la rémunération des spécialités médicales utilisant des technologies nouvelles (cardiologie, imagerie, biologie).
A l’inverse, les professions de santé les plus aptes à faire de la prévention ont été sous-payées : médecins généralistes, infirmières, sage-femmes, pédiatres, kinésithérapeutes… Les pharmaciens n’ont maintenu en vie leur pharmacie qu’en vendant de la parapharmacie.
Le résultat est visible aujourd’hui :
- activités préventives disparates, mal organisées, mal évaluées et trop rares,
- hospitalo-centrisme ruineux et difficile à réformer,
- pénurie de médecins généralistes et d’infirmières,
- kinésithérapeutes ne pouvant travailler correctement qu’en pratiquant des dépassements d’honoraires,
- prix des médicaments très bas asphyxiant les petites pharmacies.
Il est devenu urgent de redéfinir une politique de santé à long terme basée sur la prévention, de réorganiser l’ensemble du système de santé et de modifier son financement par l’Assurance-Maladie. Vaste programme !
Source : Open Rome
Carte EpidMétéo de la semaine
Aller vers
Expression à la mode dans les agences gouvernementales et chez les professionnels de la prévention.
L’accès à la prévention est très inégalitaire : les plus pauvres sont les plus exposés aux maladies et les moins bien informés des possibilités de prévention. Exemple : les SDF sont peu vaccinés et ignorent les possibilités de vaccination gratuite.
Pour corriger ces inégalités, il faut entrer en contact direct avec les personnes les plus défavorisées et les plus en danger, « aller vers » elles sans attendre qu’elles s’informent spontanément.
En France, « aller vers » se traduit souvent par des initiatives sympathiques mais peu efficaces : tente médicale à côté des marchés, autobus médical circulant dans les villages… Ce type d’action spectaculaire mobilise beaucoup de soignants mais ne touche au mieux que quelques milliers de patients.
En comparaison, les pharmacies françaises accueillent tous les jours 4 millions de personnes, les cabinets de médecine générale 1 million. Donner à ces professionnels de santé les moyens de faire de la prévention à grande échelle serait moins spectaculaire mais beaucoup plus coût-efficient.
Source : Open Rome