Maladie ? Handicap ? Talent ? La frontière est de plus en plus floue !
Au cours des siècles précédents, dans les pays industrialisés, ceux qui ne pouvaient pas travailler en raison d’un déficit moteur, sensoriel ou mental étaient marginalisés. L’exode de la campagne vers les villes rendait la main d’oeuvre abondante et la société a laissé de côté les handicapés, jugés improductifs.
On réalise aujourd’hui qu’une même personne peut être à la fois « handicapée » et « productive ». Les grands hommes et les génies peuvent être aussi porteurs d’un handicap. Une fonction perturbée peut cohabiter avec un talent précieux : un grand mathématicien peut aussi être autiste (John Forbes Nash, prix Nobel d’économie en 1994), un aveugle être homme d’affaire et showman infatigable (Ray Charles, 200 jours de concerts par an dans le monde entier, pendant 40 ans), un diabétique insulino-dépendant être un grand champion sportif (Gary Hall, 10 médailles olympiques en natation dont 5 d’or aux JO d’Atlanta 1996, Sydney 2000 et Athènes 2004), un grand anxieux être un fabuleux auteur de BD (Franquin), un handicapé moteur d’un bras être un écrivain fécond (Frédéric Dard), etc.
Le milieu de vie et les contraintes sociales modifient la perception du talent et du handicap et, au fil des époques, un talent peut devenir un handicap, et réciproquement.
Les Troubles du Neuro-Développement (TND) bouleversent encore plus les schémas médicaux usuels : les médecins ne savent même plus s’il s’agit d’une maladie ou d’une multiplicité de modes naturels de développement du cerveau. Cette remise en cause s’accompagne maintenant d’une lente exploration du fonctionnement cérébral (les « neuro-sciences ») et des mécanismes de la pensée (les « sciences cognitives »).
Source : Open Rome Un clic vers Autisme info service : https://www.autismeinfoservice.fr/informer/autisme
Carte EpidMétéo de la semaine
TND
Abréviation de « Troubles du Neuro-Développement ».
Jadis considérés comme des formes différentes d’une même maladie, l’autisme, les TND changent régulièrement de nom car la compréhension des chercheurs évolue sans cesse.
Les personnes considérées comme porteuses d’un TND ont en commun des particularités plus ou moins marquées, affectant leurs sensations, leur ressenti des comportements, l’expression de leurs sentiments, leur gestuelle, leur perception des concepts et des modalités d’apprentissage.
Plus on aide les enfants affectés par des « TND », plus on découvre la diversité de leurs particularités. On parle maintenant de « spectre de l’autisme », par analogie avec le spectre des couleurs.
La précocité des prises en charge améliore considérablement la qualité de vie des « enfants TND ».
Le rôle des parents, frères et des sœurs est essentiel, mais peut devenir épuisant. Le burn-out des « aidants familiaux » commence à être évoqué dans les recommandations officielles.
Sources : Open Rome et HAS